Les retards de paiement pèsent lourdement sur la trésorerie des PME marocaines. Le législateur a renforcé le cadre des délais de paiement entre entreprises (notamment avec la loi n° 69-21), avec des obligations de suivi et des sanctions en cas de dépassement. Pour une entreprise, cela veut dire deux choses : être payée à temps, et payer ses fournisseurs dans les délais.

Les règles précises (délais applicables, déclarations, pénalités) évoluent : faites-les valider par votre expert-comptable.

Côté clients : être payé à temps

Des conditions de paiement claires

Chaque client a ses conditions dans l’ERP (comptant, 30 jours, 60 jours fin de mois…). Elles s’appliquent automatiquement sur les factures et calculent les échéances.

La balance âgée

L’ERP classe les créances par ancienneté : non échues, échues depuis moins de 30 jours, de 30 à 60 jours, etc. C’est le tableau de bord indispensable du recouvrement.

Les relances et le blocage

Relances programmées par e-mail, alerte ou blocage des nouvelles commandes quand un client dépasse son encours autorisé : l’ERP applique vos règles sans oubli.

Côté fournisseurs : payer dans les délais

  • Les échéances fournisseurs sont calculées dès la saisie de la facture.
  • Un échéancier des paiements à venir aide à planifier la trésorerie.
  • L’historique des dates de facture et de paiement facilite les justifications demandées par la réglementation.

Le lien avec la trésorerie

En croisant encaissements attendus et décaissements prévus, l’ERP donne une vision de la trésorerie à plusieurs semaines. Un retard client important devient visible avant de poser problème.

Lire une balance âgée : exemple

Voici à quoi peut ressembler, de façon simplifiée, la balance âgée d’une PME :

  • Client A : 120 000 MAD d’encours, dont 100 000 non échus et 20 000 échus depuis moins de 30 jours. Situation normale, relance courtoise.
  • Client B : 85 000 MAD, dont 60 000 échus depuis plus de 60 jours. Priorité de recouvrement : appel du responsable et suspension des nouvelles livraisons.
  • Client C : 15 000 MAD échus depuis plus de 90 jours, pour une facture contestée. Le litige doit être réglé avant toute relance supplémentaire.

L’intérêt de la balance âgée est de hiérarchiser : on ne relance pas tous les clients de la même façon. Les montants ci-dessus sont illustratifs ; l’important est la lecture par tranche d’ancienneté.

Une procédure de relance en quatre niveaux

  1. Quelques jours avant l’échéance : un rappel courtois par e-mail, avec la facture en pièce jointe. Il évite de nombreux retards liés à de simples oublis.
  2. Une semaine après l’échéance : une première relance écrite, rappelant le numéro et le montant de la facture.
  3. Trois semaines après : un appel téléphonique, et l’information du commercial concerné ; selon vos règles, blocage des nouvelles commandes.
  4. Au-delà : une relance formelle, puis, si nécessaire, les démarches de recouvrement prévues par vos conditions générales.

L’ERP programme ces étapes, génère les courriers et garde l’historique de chaque relance sur la fiche client. Le recouvrement ne dépend plus de la mémoire d’une personne.

Un indicateur à suivre : le délai moyen de paiement

Le délai moyen de paiement de vos clients (souvent appelé DSO) se calcule à partir des créances et du chiffre d’affaires. Suivi chaque mois, il montre si votre politique de relance porte ses fruits. Une hausse durable mérite une analyse par client et par commercial.

Lire aussi : les mentions obligatoires d’une facture au Maroc. Parlons de votre gestion financière.