La recette consiste à vérifier, avant le démarrage, que l’ERP paramétré fonctionne pour vos cas réels. C’est l’étape la plus souvent écourtée quand le planning dérape, et la cause de beaucoup de démarrages difficiles.
1. Écrire les scénarios
Un scénario décrit un cas métier de bout en bout, avec le résultat attendu. Exemples :
- « Un client revendeur commande 100 unités, livrées en deux fois, facturées en fin de mois avec sa remise. »
- « Un fournisseur livre une quantité inférieure à la commande ; la facture est contrôlée. »
- « Un client retourne un produit abîmé ; un avoir est émis et le produit mis en quarantaine. »
Chaque service rédige ses scénarios, y compris les cas particuliers.
2. Préparer des données réalistes
Idéalement, la recette se fait sur une copie des données migrées : vrais articles, vrais clients, vrais tarifs. Cela permet de tester en même temps la qualité de la reprise.
3. Faire tester par les utilisateurs
Ce ne sont pas les consultants qui doivent valider, mais les personnes qui utiliseront l’outil chaque jour.
4. Tracer les anomalies
Chaque écart est noté dans une liste partagée : description, gravité, responsable, statut. On distingue les anomalies bloquantes des améliorations souhaitées.
5. Tester les éditions
Factures, bons de livraison, étiquettes, états comptables : tous les documents doivent être vérifiés, y compris les mentions légales.
6. Décider du démarrage
Le démarrage est validé quand toutes les anomalies bloquantes sont corrigées. Les améliorations peuvent attendre la phase de suivi.
Exemple de fiche d’anomalie
Pour que les anomalies soient traitées efficacement, chaque fiche doit contenir :
- un numéro et une date ;
- le scénario concerné et l’étape où le problème apparaît ;
- le résultat attendu et le résultat obtenu, avec une capture d’écran ;
- la gravité : bloquant, gênant ou amélioration ;
- la personne chargée de la correction et le statut (ouvert, corrigé, validé).
Un simple tableau partagé suffit pour un projet de PME. L’essentiel est que chaque anomalie soit retestée par l’utilisateur qui l’a signalée avant d’être close.
Combien de temps prévoir ?
Pour une PME, la recette dure généralement de deux à quatre semaines. Chaque utilisateur clé doit pouvoir y consacrer plusieurs demi-journées, en dehors de ses tâches quotidiennes. C’est le principal effort demandé à l’entreprise pendant le projet, et celui qui a le plus d’impact sur la qualité du démarrage.
Les pièges à éviter
- Tester sur une base vide : sans vrais articles ni vrais clients, on passe à côté des problèmes de données.
- Ne tester que le cas idéal : ce sont les retours, les livraisons partielles et les remises exceptionnelles qui révèlent les défauts de paramétrage.
- Oublier de retester après une correction, alors qu’une modification peut en affecter une autre.
- Négliger les éditions : un bon de livraison illisible ou une facture incomplète se voient immédiatement chez le client.
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